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PADMIR

Coopération Cameroun - FIDA
Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural

Projet d'Appui au Développement
de la Microfinance Rurale (PADMIR)

Présentation du PADMIR

Une population essentiellement rurale et pauvre

La population du Cameroun était estimée à 19 406 100 habitants au 1er janvier 2010 avec une croissance moyenne de 2,6% l’an et une densité de 40 habitants au km². La part de la population  vivant en zone rurale ou concernée par ce secteur est estimée par la Banque Mondiale à plus de 50% de la population totale. Cette population est à forte composante féminine, jeune ou âgée en raison de l’exode rural qui a drainé vers les cités les forces vives. La pauvreté au Cameroun est un phénomène surtout rural: elle y touche 50% de la population contre 22% en milieu urbain. Quantitativement, huit pauvres sur dix vivent en milieu rural. La pauvreté touche particulièrement les exploitants agricoles (57%), les dépendants agricoles informels (54%) et ceux du secteur informel et les sans emplois en zones urbaines (40%). Les exploitants agricoles représentent deux tiers des pauvres du pays. Au rang des facteurs incriminés, on peut noter: l’enclavement des zones rurales, l’inorganisation des marchés qui rendent les débouchés pour les productions des zones rurales particulièrement inaccessibles, l’archaïsme des méthodes culturales qui pénalise la productivité et, le difficile accès aux financements. Ce dernier facteur est l’un des plus déterminants car il annihile tous les efforts des populations les plus défavorisées pour briser le cercle vicieux de la pauvreté. En l’absence de financements, il ne leur est, en effet, pas possible d’acquérir les intrants, de se nourrir, de se soigner ou de scolariser leurs enfants.

La demande en produits et services financiers

Le secteur rural avec le secteur informel urbain est la cible privilégiée de la micro finance. En zone rurale, la microfinance sert en priorité la consommation des ménages dans le but d’améliorer le cadre de vie. Mais la plus grande demande de crédits sociaux concerne les problèmes liés à la subsistance telle que la santé, la nutrition et la scolarisation des enfants. Ces postes absorbent une part significative des ressources et, très souvent, les crédits octroyés pour des activités génératrices de revenus sont détournés pour financer ces besoins non productifs. D’autres besoins sociaux sont également financés par les EMF tels que la construction ou l’aménagement de l’habitat. La demande liée aux activités de production, de transformation et de commercialisation, qui est quantitativement la plus importante puisque les revenus générés par les activités financées peuvent permettre de faire face aux besoins sociaux, concernent: a) les investissements productifs; b) les travaux de préparation des champs; c) l’acquisition d’intrants agricoles et d’élevage; d) le conditionnement et le stockage des productions dans l’attente de meilleurs cours (crédits soudure); et e) la commercialisation des produits.

La sécurisation des avoirs est également une notion importante en zone rurale bien que les réflexes de thésaurisation et la concurrence des tontines soient encore très importants. L’épargne pratiquée dans les EMF concerne essentiellement l’épargne à vue bien que certains proposent des produits d’épargne longue durée. Enfin, bien que peu exprimée, la demande pour des produits d’assurance est en pleine croissance afin de se prémunir contre les aléas agricoles et sociaux.

Des contraintes à la demande en services financiers

Les contraintes à la demande en services financiers ruraux qui fragilisent la position des demandeurs de tels services incluent, entre autres: a) la dispersion et la petite taille des exploitations ainsi que les méthodes archaïques de production et la faible utilisation d’intrants qui expliquent la faible productivité et par conséquent l’impécuniosité des populations rurales; b) les nombreux aléas des activités rurales; c) les mauvaises conditions de stockage (absence de locaux, mauvais conditionnement, impossibilité de financer la soudure); d) la mauvaise maîtrise des circuits de distribution/commercialisation; e) le faible taux de renouvellement des effectifs agricoles sous la pression de l’exode rural; f) le faible niveau de production et de productivité; g) l’insuffisance de l’encadrement du secteur rural même si certaines organisations paysannes tentent avec la faiblesse de leurs moyens d’organiser les populations rurales; h) le coût élevé des transactions du fait de la faiblesse des infrastructures; et i) la rareté des garanties fiables pouvant être apportées par les populations rurales.    

L’offre actuelle de finance rurale

Des réseaux d’EMF interviennent en milieu rural au Cameroun : la Ligue des Caisses Populaires Coopératives du Cameroun (CamCCUL); Le réseau des Mutuelles Communautaires de Croissance (MC²); Les réseaux des Caisses Villageoises d'Epargne et de Crédit Autogérées (CVECA). Les caisses appartenant à ces réseaux ont été, pour la plupart, créées suite à une demande de la population qui a apportée tout ou partie des fonds nécessaires pour leur implantation. Certaines caisses ont été créées dans le cadre de projet.

Justification et approche d’intervention

 Malgré le développement important du secteur de la microfinance et le déploiement de certains réseaux en milieu rural, le taux de pénétration du secteur auprès des populations rurales, en particulier des plus démunies et notamment les femmes et les jeunes, demeure faible. Cette situation résulte à la fois d’une couverture géographique des zones rurales qui reste faible et d’une adaptation encore insuffisante des services et produits financiers aux besoins diversifiés des cibles. Par ailleurs, à des degrés divers selon les cas, le niveau de professionnalisme des réseaux et EMF (système de gestion, contrôle interne, capacité du personnel, etc.) handicapent leur capacité à diversifier leur offre de produits et à appréhender et maitriser les risques (taux impayés élevés dans de nombreux cas) notamment pour le financement des activités agricoles.

Dans ce contexte, l’amélioration de l’accès des populations rurales à des services financiers adaptés et de proximité nécessite d’agir à la fois i) au niveau de l’environnement du secteur de la microfinance afin que les fonctions de contrôle, de définition de stratégie et de représentation soient pleinement exercées de manière à contribuer à la professionnalisation des EMF et à l’assainissement du secteur ; et ii) directement au niveau de l’offre de services financiers afin de renforcer la professionnalisation des réseaux d’EMF et EMF indépendants intervenant déjà dans le milieu rural et de contribuer à la diversification et l’adaptation des services financiers offerts aux cibles du projet.

2.                                Dans ce cadre, l’intervention du projet favorisera les relations entre les différents acteurs concernés par la microfinance rurale (réseaux d’EMF, autorités de tutelle, association professionnelle du secteur, communautés villageoises) et contribuera au rapprochement entre les EMF et le secteur bancaire appelé à développer ses opérations de refinancement des EMF, en particulier pour leurs opérations en milieu rural, qui auront été renforcées et dont le professionnalisme sera accru. Pour ce faire, le projet va mettre en place les interventions suivantes:  

(i)            Interventions au niveau de l’environnement des opérateurs de microfinance. Le développement harmonieux des activités des EMF ne peut s’envisager que dans un environnement propice  afin que les fonctions essentielles de supervision, de contrôle, de représentation et de politique générale de ce secteur soient assurées par des institutions renforcées, compétentes, pérennes et disposant des moyens nécessaires. A ce titre, les actions du projet vont se concentrer sur: (a) l’Association Nationale des Etablissements de Microfinance du Cameroun (l’ANEMCAM) afin qu’elle devienne la structure représentative de tous les EMF opérationnels au Cameroun garante des bonnes pratiques de ses membres, (b) les autorités nationales de tutelle au niveau du MINFI pour les appuyer dans la dissémination de l’information législative, juridique, fiscale et comptable vers tous les EMF et le renforcement de la supervision et du contrôle et, (c) le Comité National de la Microfinance (CNMF) qui, à travers des financements pour des études ponctuelles, doit poursuivre ses réflexions stratégiques sur le devenir de la microfinance au Cameroun. Le MINADER bénéficiera aussi d’un accompagnement eu égard à sa proximité avec les cibles, ses préoccupations en matière de crédit rural et à son rôle dans la reconnaissance des coopératives d’épargne et de crédit.

(ii)          Interventions directes au niveau des établissements de microfinance impliqués en milieu rural. Le projet appuiera, dans les cinq provinces de sa zone d’intervention (Extrême Nord, Nord, Centre, Ouest et Nord Ouest), la consolidation des réseaux d’EMF, au niveau de leur faîtière et de leurs caisses rurales existantes, ainsi que leur extension en zone rurale dans le cadre de la mise en œuvre de leurs plans de développement respectifs. Il démarrera ses activités dans ces trois premières provinces; l’extension au Nord et Nord-ouest sera étudiée à la revue à mi-parcours en troisième année d’exécution. Afin de tenir compte des réalités du secteur, les interventions envisagées concerneront deux types d’EMF pour lesquels les appuis seront diversifiés et adaptés : les réseaux d’EMF et EMF en développement et les réseaux d’EMF en construction. Les premiers sont constitués par des réseaux ou EMF indépendants ayant atteint un certain degré de maturité et affichant des perspectives claires de viabilité. Les appuis directs pour l’extension en zone rurale reposeront principalement sur ces EMF et en particulier les grands réseaux ou EMF qui disposent des ressources nécessaires pour accompagner le développement de leur extension et dont la structure faîtière (opérationnelle ou en cours d’institutionnalisation) permettra le suivi et l’encadrement des nouvelles caisses/agences ou points de service. Les activités liées à l’extension s’accompagnent de formations adaptées pour les membres/sociétaires, les élus des organes de gouvernance et le personnel. Les EMF en construction concernent des réseaux émergents ou groupes de caisses ne disposant pas de plan de développement et n’ayant pas encore identifié leurs perspectives de viabilité. Pour ces derniers, le projet accompagnera une démarche structurée d’audit tant financier qu’organisationnel afin d’identifier les perspectives organisationnelles adaptées pour leur pérennisation dans le cadre d’une intervention dans le milieu rural et accompagnera ensuite le plan d’actions à court terme et le plan de développement à moyen terme pour celui qui présenterait les perspectives les plus intéressantes. 

(iii)        Interventions en appui au développement de services financiers adaptés et de mécanismes ou produits novateurs pour les cibles rurales. Afin de développer la microfinance dans les zones rurales et de la rendre plus attractive pour les populations cibles du projet (petits exploitants agricoles, femmes, jeunes et micro-entrepreneurs), le projet appuiera la définition de services financiers, notamment d’épargne et de crédit, réellement adaptés aux besoins et capacités (droit d’entrée, garanties et coût) des cibles du projet. Il s’agira d’appuyer, au sein de chaque réseau, la réalisation d’ateliers de marketing participatif au travers de formation du personnel à cette démarche et leur formation au processus de développement de nouveaux produits. Lorsque de nouveaux produits ou services pour les cibles rurales ou mécanismes d’approche de la clientèle rurale auront été identifiés, leur processus de développement sera accompagné : élaboration des supports, test pilote, évaluation et généralisation. Au-delà des produits classiques, au travers d’un fonds d’innovation, le projet appuiera l’identification de mécanismes ou produits novateurs se basant notamment sur les nouvelles technologies (téléphonie mobile, etc) et la réalisation de tests dont les résultats seront diffusés au sein de toute la profession.


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