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PADMIR

Coopération Cameroun - FIDA
Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural

Projet d'Appui au Développement
de la Microfinance Rurale (PADMIR)


-          L’ANEMCAM est un partenaire un peu particulier du PADMIR, qui travaille beaucoup plus avec les EMF. En un panorama, qu’est-ce que l’ANEMCAM ?

-          L’ANEMCAM, l’Association Nationale des Etablissements de Microfinance du Cameroun, a été créée en mai 2003 à la faveur du règlement CEMAC sur les conditions d’exercice des EMF dans la zone éponyme, précisément dans son article 20 qui dispose que dans chaque pays il doit y avoir une association des professionnels de la microfinance, et à laquelle chaque EMF est tenu d’adhérer.

Quelques chiffres : aujourd’hui le secteur camerounais de la microfinance compte 438 EMF dûment agrées  par l’autorité monétaire, parmi lesquels 21 sont en réseaux – 6 en tout – et 187 exerçant  comme EMF indépendants. Le nombre de clients et membres de ces EMF est d’1 18000. En termes d’emplois, les EMF ont généré 15 000 emplois directs, sans compter les emplois créés par les membres et clients. En termes de mobilisation des dépôts des EMF membres de l’ANEMCAM, c’est 410 milliards, contre un encours de crédit de 240 milliards. Ces EMF exercent sur l’ensemble du territoire national travers plus de mille guichets. Et suivant le règlement CEMAC, ils sont classés en 3 catégories : I pour les coopératives et associations qui regroupent 90% des EMF, II pour les sociétés anonymes, et III pour les projets.

-          Quelles sont les principales missions de l’ANEMCM ?

-          L’ANEMCAM fonctionne sur une double mission : une mission normative portant sur la représentation, et une mission institutionnelle portant sur la professionnalisation de ses membres.

Pour sa mission normative, l’ANEMCAM défend les intérêts collectifs de ses membres, les informe sur tous les développements intervenant dans le secteur de la MF au Cameroun, la gouvernance et la bonne gestion, et assure le renforcement des capacités à la fois des élus et employés de l’Association ainsi que des EMF membres.

Quant à sa mission institutionnelle, ses fonctions sont : la concertation et les échanges entre EMF au profit de leurs membres d’une part, et entre les EMF et les tiers d’autre part, et enfin la capitalisation et la diffusion des bonnes pratiques en matière de microfinance.

 

-          Qu’est-ce que le PADMIR vous a apporté ?

-          Notre partenariat avec le PADMIR est jusqu’à présent très fructueux. Il nous a apporté 2 types d’assistance : sur le volet institutionnel et sur le volet opérationnel. Sur le volet institutionnel qui concerne les bases de fonctionnement de notre structure, le PADMIR a assisté l’ANEMCAM à organiser un Forum sur le financement du monde rural qui a permis que les différentes parties prenantes puissent comprendre les attentes des uns et des autres dans ce domaine ; le Projet nous a aussi assisté dans une étude sur l’autonomisation financière de l’ANEMCAM, tout comme dans l’élaboration du manuel de procédures statistiques et comptables, très important pour nous. D’autre part, il nous était reproché de ne pas beaucoup communiquer sur les activités que nous menons : le PADMIR nous a également assisté dans l’élaboration d’un plan de communication qui est en cours de mise en œuvre. Sans oublier la finalisation des textes organiques de l’ANEMCAM : les statuts et le règlement intérieur. S’agissant enfin du renforcement des capacités à la fois des élus de l’ANEMCAM et des EMF, le PADMIR est en train de nous assister à finaliser un cadre de formation pour ces gens-là.

     Concernant le volet opérationnel, le Projet nous a beaucoup assisté dans la mise en place de notre dispositif. Il ya d’abord eu l’appui apporté entre autres à l’organisation du conseil d’administration et de l’assemblée générale, et le renforcement des capacités de nos membres ainsi que des personnels des EMF, à travers des ateliers et des séminaires de formation organisés soit directement par le PADMIR, soit par des sessions conduites par des consultants commis par le Projet. Nous avons également reçu des matériels informatiques, que vous avez du voir dans notre salle de conférence, et la prise en charge depuis octobre 2012 du salaire de notre Responsable Administratif et Financier. Enfin, le PADMIR nous a beaucoup assisté dans l’organisation des campagnes de sensibilisation à travers le pays auprès des EMF sur le nouveau dispositif fiscal applicable dans le secteur.

-          Et si vous aviez un mot pour qualifier la collaboration avec le PADMIR, que diriez-vous ?

-          Je dirais que nous sommes globalement satisfaits, c’est-à-dire que, à ce jour nous pensons que le PADMIR nous a vraiment apporté l’assistance dont nous avions besoin pour être davantage performants et susciter de la part de nos membres davantage d’appropriation de cette Association qui, nous en sommes certains, leur est très utile.

 

-          Le PADMIR a encore quelques temps devant lui. Quelles sont vos attentes ?

-          Une seule attente : que le PADMIR revoie sa stratégie de mise en œuvre pour installer l’ANEMCAM au centre de tous les appuis qui vont en direction des EMF. Pour une raison simple : nous sommes une institution faitière, qui englobe tous les EMF, et devons par conséquent être le passage obligé de toutes les actions qui vont dans le sens du renforcement des capacités des EMF au Cameroun. Si le PADMIR nous mettait davantage au centre de ses actions, nous pensons que cela permettrait aux EMF dont certains ne le voient pas encore, de comprendre en quoi l’ANEMCAM leur est utile.

Propos recueillis par Clément ESSIANE

 

La microfinance rurale impacte t-elle significativement sur le niveau de vie des populations ? Oui, si l’on en croit l’exemple de la caisse CVECA de Garey-Kaelé, dans le Mayo-Kani (Extrême-Nord), appuyée par le PADMIR.

Reportage.

Atteindre Garey-Kaele est un véritable parcours du combattant : ces temps-ci, en provenance de Maroua il faut d’abord affronter les vicissitudes du chantier routier à partir de Moutouroua, puis embrancher dans la direction de Kaele (le chef-lieu du département du Mayo-Kani) avant d’emprunter une interminable piste caillouteuse. Mais à l’arrivée, on se dit que le jeu en valait la chandelle. La petite bourgade paie vraiment de mine, proprette ombragée des habituels nimiers du Grand-Nord, les cases de banco aux toits de paille pointus voisinant avec des constructions plus modernes de parpaings et de tôles.

La caisse CVECA de Garey-Kaele fait partie de ces bâtiments-là. Idéalement située au centre de la cité, elle en impose d’emblée dans un environnement plus traditionnel. Ce jour-là il ya animation : le président de la caisse M. Massing Iemba, est venu de Kaele, où il exerce par ailleurs comme instituteur, pour sa  visite de supervision hebdomadaire. Pendant qu’au guichet de la caisse des opérations sont en cours, on remarque que les femmes sont plus nombreuses que les hommes, comme c’est souvent le cas quand il s’agit d’épargne villageoise, ici comme ailleurs. Explication laconique du président : « Les femmes sont plus honnêtes ! »

 

 

M. Massing Iemba est clair : la caisse est le moteur de la lutte contre la pauvreté à Garey-Kaele : « Depuis 12 ans que cette caisse existe ici, les gens sont vraiment en haut ; prendre un crédit pour mener une activité économique est devenu une routine. Le seul problème que nous rencontrons est celui du recouvrement : tout le monde n’est pas toujours réglo. Peut-être le PADMIR pourrait-il nous aider à y trouver une solution ».

Parmi les membres ayant bénéficié des crédits de la caisse, Mme Indjolbo, petit de bout de femme énergique,  se présente. Adhérente depuis les tout débuts, elle prend régulièrement des prêts pour faire dans l’agriculture. Selon eux, sa vie a littéralement changé grâce à ses habitudes à la CVECA.

Cependant, ce qui caractérise vraiment la caisse ici, c’est que les membres prennent les crédits surtout pour des activités de groupe. Ainsi du GIC Subolwaba que dirige Mme Djabou Thérèse, dédié à l’élevage porcin : avec ses amies elles nous feront visiter une belle porcherie aux magnifiques animaux, promesse de juteux profits à l’abattage. Idem du groupe Patalè, qui fait lui dans l’embouche bovine, du GIC Boki prospère grâce au stockage des céréales, sans oublier les femmes du groupe Tchekika s’occupant de l’élevage des petits ruminants, dont les enclos de moutons bien gras font sensation.

 

 

L’impact des appuis du PADMIR ? C’est grâce aux formations des gestionnaires de la caisse que les choses se sont considérablement améliorées, et la mise à disposition d’une moto tout terrain est venue faciliter les choses. Pour M. Djilè Jacques, conseiller financier de l’UCCGN, l’apport du Projet a été sensible : « Depuis 2 ans les adhésions ont fait un bond de 12%, quand les gens ont remarqué la bonne tenue de la caisse ».

A l’issue de notre visite à la CVECA de Garey-Kaele, il nous est offert une collation au « Centre d’ambiance Alpha » situé à un jet de pierre de la caisse. Comme de juste, elle est agrémentée de savoureuses grillades de porc issues, nous dit-on, d’un élevage financé grâce à la caisse. A côté, le bil-bil coule à flots. Nous sommes quand même en pays moundang. Et il ya de la prospérité dans l’air.

Reportage de Clément Essiane

Gazawa, petite localité au sud de Maroua, est remarquable pour le dynamisme de ses populations ; aussi est-ce sans surprise qu’un partenaire du PADMIR, le Crédit du Sahel en l’occurrence, y ait installé une caisse. Celle-ci a naturellement bénéficié de certains appuis du Projet, et le moins qu’on puisse dire est qu’elle se porte bien. C’est en tout cas l’appréciation de Mme Abdou Djenabou, Chef de terre de l’arrondissement. Interview.