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PADMIR

Coopération Cameroun - FIDA
Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural

Projet d'Appui au Développement
de la Microfinance Rurale (PADMIR)

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ADHESION AUX CAISSES: QUAND LES FEMMES TIENNENT LE HAUT DU PAVE !

Il des caisses où la sempiternelle « question genre », qui débat par exemple de la sous-représentation des femmes dans l’activité économique, semble avoir trouvé une solution. Et une solution plutôt remarquable.

Cela se passe à Gazawa, un arrondissement de la périphérie de Maroua, célèbre ces derniers temps pour avoir hébergé le contingent de militaires nigérians fuyant les meutes meurtrières de Boko Haram.

Il faut dire d’emblée que la caisse Crédit du Sahel est jeune : il y en avait certes un embryon depuis les années 2005, mais qui fonctionnait cahin-caha. Ce n’est réellement qu’en ce 2014 que les choses ont été organisées, avec la tutelle du CDS et l’appui du PADMIR. Et déjà les chiffres sont plus qu’encourageants : 177 adhérents, que supervise un conseil d’administration, épaulés par un conseil de surveillance, un comité de crédit et des contrôleurs.

Surprise : d’abord la caisse est dirigée par une femme, la dynamique Mme Ibrahim Simone, secondée comme par hasard par une autre dame, Mme Mariama, présidente du Comité de crédit. Mais la surprise devient plus éclatante quand on constate que sur ces 177 membres, il ya...112 femmes, pour une cinquantaine d’hommes et 11 jeunes seulement.

La présidente de la caisse n’est pas peu fière de ce ratio : «Ce n’est pas pour rien que Gazawa a été retenue pour accueillir une caisse villageoise : ici les femmes sont vraiment des battantes. Avant même l’arrivée du Crédit du Sahel, elles avaient déjà créé un réseau à elles de plus de 200 groupes, de plus, notre zone est offre beaucoup d’opportunités : un grand marché de bétail, beaucoup d’agriculture, l’élevage, le petit commerce ».

Même son de cloche de la part de Mme Mariama : « Pour les demandes de crédit, les femmes sont plus nombreuses : plus de soixante actuellement. C’est une question de dynamisme : sachez que par exemple nous sommes plus de 800 dans la coopérative de Gazawa ! »

Que disent les hommes devant cette situation, dans une région où généralement c’est eux qui tiennent la barre dans l’espace public en général, et l’activité économique en particulier ? Par une espèce de pudeur compréhensible, ils n’ont pas souhaité s’exprimer : peut-être préparent- ils leur « revanche » en termes de prochaines adhésions plus massives.

En tout cas, les jeunes, si peu représentés dans la caisse eux aussi, ont entrepris de relever le défi : M.  Aminou Oumarou, le président du Comité communal des jeunes de Gazawa, est formel : « nous avons commencé à sensibiliser les jeunes pour qu’ils adhérent, et ils sont réceptifs à 100%. D’ici 2 ans, nous seront au mois 300 à 400 ! »

En attendant, la Présidente de la caisse ne souhaite qu’une chose : que le dynamisme de ses consœurs soit reconnu et récompensé en quelque sorte par le PADMIR : « Je ne sais même pas si le PADMIR pourra accéder à toutes nos demandes, à l’allure où nous avançons : par exemple nous appuyer pour augmenter les crédits, et surtout nous construire un local à nous, puisque nous occupons pour l’instant une petite pièce à la commune de Gazawa ».

Un exemple à suivre.

Clément ESSIANE

 

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